Sur les fondements historiques de l’auto-emploi des femmes en Afrique
On the Historical Foundation of Women’s Self-Employment in Africa
Youssouf Nvuh-Njoya, François Colin Nkoa, Irene Jenipher Ntolo-Memang et Flora Yselle Malah Kuété dans Revue d'économie politique (2023)
Cet article utilise la cliométrie pour expliquer la relation entre la traite transatlantique des esclaves et l’auto-emploi des femmes en Afrique. Plus spécifiquement, il étudie l’effet du nombre d’esclaves exportés pendant la traite transatlantique sur le taux d’emploi indépendant des femmes à l’aide d’un modèle transversal couvrant 51 pays. Les résultats corroborent la thèse selon laquelle les événements historiques ont un effet d’hystérèse sur les caractéristiques actuelles des pays en développement. Nous constatons que l’esclavage est un déterminant de l’auto-emploi contemporain des femmes en Afrique et identifions la culture comme un canal de transmission. Le rapport de masculinité relativement élevé en Afrique pendant la traite des esclaves a contribué à la participation complète des femmes à la vie civile et sociale, entraînant un esprit de compétence et de débrouillardise qui a été inculqué dans la culture et les normes africaines et a été perpétué au fil du temps, expliquant leur taux élevé d’auto-emploi. L’article souligne la nécessité de prendre en compte les spécificités culturelles et traditionnelles dans les politiques économiques visant à améliorer l’auto-emploi des femmes en Afrique, qui se caractérise principalement par des activités informelles.
