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La participation de l’Afrique aux chaînes de valeur mondiales : quelle contribution peuvent apporter les zones économiques spéciales ?
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Par Jacques Eric Tamno Tekam et Joseph Keneck Massil
La participation de l’Afrique aux chaînes de valeur mondiales : quelle contribution peuvent apporter les zones économiques spéciales ?
Africa's participation in global value chains: What contribution can Special Economic Zones make?

Jacques Eric Tamno Tekam et Joseph Keneck Massil dans la revue International Economics (2025)

Les zones économiques spéciales (ZES) africaines sont perçues comme des moteurs de résilience et des accélérateurs du développement de chaînes de valeur industrielles durables. Cet article examine les effets de l'adoption et de la multiplication des ZES sur la participation des pays africains en amont des chaînes de valeur mondiales (CVM), à partir de données de panel portant sur 47 pays et 175 partenaires commerciaux entre 1990 et 2018. S'appuyant sur un modèle de gravité structurel et une analyse de médiation, les résultats révèlent que les ZES accroissent effectivement l'intégration aux CVM, mais de manière inégale et contextuelle. En moyenne, l'adoption d'une ZES augmente la participation en amont d'environ 6 %, tandis que la création de zones supplémentaires la stimule de près de 14 %. Toutefois, ces avantages sont plus marqués dans le secteur secondaire et dans les régions dotées d'infrastructures et de capacités institutionnelles plus robustes, notamment l'Afrique du Nord et l'Afrique australe. En revanche, des résultats plus faibles sont observés dans les régions dépendantes des ressources naturelles ou enclavées, où les ZES risquent de renforcer la dynamique des enclaves. L'analyse montre que les ZES fonctionnent par le biais de canaux tels que les IDE, l'emploi industriel et le commerce bilatéral, dont l'efficacité dépend de la gouvernance et de la capacité d'absorption. Ces résultats soulignent que les ZES ne sont pas des moteurs autonomes de transformation, mais plutôt des institutions intégrées, façonnées par des conditions politico-économiques plus larges. Pour les décideurs politiques africains, le principal défi est d'éviter un développement mené par des enclaves et de concevoir des stratégies de ZES qui maximisent les retombées positives sur l'ensemble de l'économie.

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